Hochuekkito, Covid long et EM/SFC : ce que les preuves montrent vraiment

Une synthèse claire sur le Hochuekkito, une étude cellulaire sur la grippe et le cas clinique de 2023 d’une femme de 55 ans avec Covid long répondant aux critères de l’EM/SFC.

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Illustration editoriale pour un article fonde sur les preuves sur le Hochuekkito, le Covid long et l'EM/SFC

Le Hochuekkito revient souvent dans les recherches liées au Covid long et à l’EM/SFC. L’intérêt est compréhensible. Une étude en laboratoire a suggéré un effet sur des perturbations énergétiques cellulaires liées à une infection virale, et un cas clinique de 2023 a décrit l’amélioration d’une femme de 55 ans présentant un tableau post-Covid répondant aux critères de l’EM/SFC. Le point essentiel est simple : ces éléments sont intéressants, mais ils ne prouvent pas que le Hochuekkito, à lui seul, est un traitement établi.

Qu’est-ce que le Hochuekkito

Le Hochuekkito est une formule traditionnelle japonaise de médecine Kampo, utilisée dans des contextes de fatigue, de faiblesse générale et de récupération difficile. Cela explique pourquoi cette formule attire l’attention de personnes vivant avec un Covid long ou une EM/SFC.

Cela ne veut pas dire que le sujet doit être écarté. En revanche, cela impose de rester précis. Le Hochuekkito n’est pas une molécule moderne unique avec un mécanisme simple. C’est une formule traditionnelle composée de plusieurs ingrédients, et des affirmations fortes demandent des preuves cliniques fortes.

Ce que montre l’étude en laboratoire

L’étude référencée sur PubMed sous le titre “Examination of the effect of Hochuekkito on mitochondrial function and glycolysis in influenza virus-infected cells” n’a pas été menée chez des patients atteints de Covid long ou d’EM/SFC. Elle a été réalisée sur des cellules MDCK en culture, infectées par un virus grippal influenza A/H1N1.

Les chercheurs ont mesuré deux indicateurs :

  • OCR : taux de consommation d’oxygène, utilisé ici comme reflet de l’activité mitochondriale
  • ECAR : taux d’acidification extracellulaire, utilisé ici comme reflet de la glycolyse

Dans ce modèle, l’infection virale perturbait l’équilibre entre ces voies liées au métabolisme énergétique. Les cellules prétraitées par Hochuekkito présentaient un profil plus proche de celui des cellules non infectées.

Ce que cela signifie

C’est un résultat mécanistique intéressant. Il suggère que le Hochuekkito pourrait influencer la manière dont des cellules infectées gèrent un stress énergétique, dans un modèle de laboratoire.

Ce que cela ne signifie pas

Cela ne montre pas que le Hochuekkito traite le Covid long chez l’humain. Cela ne prouve pas une efficacité dans l’EM/SFC. Cela montre un effet biologiquement intéressant dans un modèle cellulaire de grippe, pas un bénéfice clinique confirmé.

Le cas clinique de 2023 chez une femme de 55 ans

Le cas clinique en texte intégral publié en 2023, “Improvement of long COVID symptoms and ME/CFS with cognitive behavioral therapy and medication”, décrit une infirmière de 55 ans restée gravement malade plus de six mois après une pneumonie liée au SARS-CoV-2.

Les symptômes rapportés comprenaient :

  • fatigue sévère
  • PEM
  • essoufflement
  • douleurs
  • troubles cognitifs
  • tachycardie

Le rapport indique que son état correspondait à un Covid long et était compatible avec une EM/SFC.

Quel traitement a été donné

C’est le point que beaucoup de résumés omettent. Elle n’a pas reçu du Hochuekkito seul. La prise en charge rapportée comprenait :

  • des conseils alimentaires et des suppléments
  • une gestion de la fatigue physique, cognitive et émotionnelle
  • un ajustement très progressif de l’activité
  • de l’amitriptyline 10 mg
  • du Hochuekkito 7,5 g

Les symptômes se sont améliorés sur plusieurs semaines, puis le rapport décrit une récupération et un retour au travail.

Ce qu’il faut retenir de ce cas

Ce cas est encourageant, mais il ne permet pas de prouver une cause.

Il y a quatre raisons principales :

  1. Il s’agit d’un cas unique.
  2. L’intervention était multimodale, et non limitée au Hochuekkito.
  3. Il n’y avait pas de groupe contrôle.
  4. Une récupération naturelle a pu contribuer.

La lecture rigoureuse n’est donc pas : « le Hochuekkito a guéri le Covid long ». La lecture rigoureuse est : « une patiente s’est améliorée après une prise en charge combinée qui comprenait du Hochuekkito ».

Ce n’est pas un détail. C’est la frontière entre une observation clinique et une conclusion excessive.

Conclusion pratique

Les personnes qui cherchent « Hochuekkito Covid long » ou « Hochuekkito EM/SFC » cherchent souvent quelque chose de solide. À ce stade, les preuves restent précoces.

Ce qu’on peut dire avec prudence :

  • le Hochuekkito a un contexte d’usage traditionnel lié à la fatigue et à la faiblesse
  • une étude cellulaire a montré un effet métabolique potentiellement pertinent dans des cellules infectées par la grippe
  • un cas clinique de 2023 a décrit l’amélioration d’une femme présentant un tableau post-Covid répondant aux critères de l’EM/SFC, après une prise en charge plus large comprenant le Hochuekkito

Ce qu’on ne peut pas dire avec rigueur :

  • que le Hochuekkito seul a été prouvé comme traitement du Covid long
  • que le Hochuekkito seul a été prouvé comme traitement de l’EM/SFC
  • qu’un signal de laboratoire ou un cas unique suffit pour conclure

La bonne position n’est ni le rejet, ni l’emballement. C’est un intérêt prudent, avec des limites clairement exposées.

Sources

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